Comment accompagner quelqu'un en deuil : ce qu'on peut vraiment faire

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Vous avez un proche en deuil et vous ne savez pas trop quoi faire. Vous avez peur de dire la mauvaise chose, de déranger, de rouvrir une blessure. Alors parfois, on recule. On attend que "ça passe". Et la personne se retrouve seule au moment où elle en a le plus besoin.

Voici ce que vous pouvez vraiment faire.


D'abord, comprendre ce que traverse une personne en deuil

Le deuil n'est pas linéaire. La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a décrit ses grandes phases : le choc, le déni, la colère, la tristesse, l'acceptation. Mais dans la réalité, elles se mélangent, s'inversent, reviennent. Une personne peut sembler "bien" pendant des semaines et s'effondrer lors d'un anniversaire ou en entendant une chanson. Ce n'est pas de la faiblesse — c'est le deuil qui travaille.

La phase la plus intense dure généralement moins de 6 mois, mais le processus complet peut s'étirer sur un à deux ans, parfois plus.


Ce qu'on peut dire — et ce qu'il vaut mieux éviter

Ce qui aide vraiment :

  • "Je suis là." — simple, vrai, sans attente.
  • "Je pense à toi." — sans forcer une réaction.
  • "Est-ce que je peux faire quelque chose de concret ?" — courses, repas, enfants…
  • Parler du défunt, dire son prénom, partager un souvenir.

Ce qui blesse sans le vouloir :

  • "Il est mieux là où il est maintenant." — même avec bonne intention.
  • "Tu dois être fort·e pour tes enfants."
  • "Je comprends ce que tu ressens." — on ne comprend jamais vraiment.
  • "Le temps arrange tout." — ça minimise la douleur présente.

Être présent dans la durée — c'est ça le plus difficile

Les premières semaines, les gens sont là. Puis la vie reprend, les autres oublient, et la personne en deuil se retrouve souvent plus seule à partir du deuxième ou troisième mois. C'est paradoxalement là que le besoin de présence est le plus fort.

Un message simple un mois après les obsèques, un appel à l'anniversaire du défunt, une invitation à dîner plusieurs semaines plus tard… Ces petits gestes comptent énormément.


Quand proposer une aide professionnelle

Si vous observez que la tristesse ne diminue pas après plusieurs mois, si des idées noires apparaissent, si la personne se coupe de tout lien social — encouragez-la doucement à consulter un médecin ou un psychologue spécialisé dans le deuil. Le dispositif Mon soutien psy, remboursé par l'Assurance maladie, peut être un premier pas accessible.


Et pour vous aussi

Accompagner quelqu'un en deuil, c'est éprouvant. Vous avez le droit d'être aussi affecté, d'avoir besoin de souffler. Vous ne pouvez pas être là pour les autres si vous êtes vidé.


Parfois, l'accompagnement prend une forme très concrète : aider à décorer une tombe, apporter quelque chose de beau pour l'espace de recueillement. Un LUMignon peut être un geste simple et touchant — une lumière qui veille chaque nuit, un cadeau qui dit "je pense à vous".

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Sources : Ameli.fr · Kübler-Ross · Qare · données 2025.